Par deux ou trois, seul par moment, ils s' installent l' air de rien sur un bout de papier, puis sur une toile, discrètement au fusain.
Et puis ils prennent forme, matière, vie en couleur, ils s' épaississent, se coiffent, se maquillent, s' habillent, prennent leurs marques dans leurs espaces et s' installent.
Ils me regardent, je les regarde.
Nous nous regardons et cohabitons.
De temps à autres ils prennent plus de place que moi puis ils s' éffacent pour laisser place à d'autres colocataires, qui l' air de rien s'installent à leur tour avec nous.










