Exposition Informelle à la Galerie Lavignes Bastille du 11 au 30 Août 2009
Galerie Lavignes Bastille
27 rue de Charonne
75011 Paris
Texte de présentation
Peintre, photographe… Julie Perin n’a que faire de ces appellations, ces « cases » comme elle les appelle et qu’elle n’aime ni subir, ni voir subir aux autres.
Née à Lyon en 1976, Julie Perin est artiste et, après une formation à l’École des Beaux-arts de Marseille, elle décline aujourd’hui plusieurs séries à double-fond, où la dualité, l’altérité tiennent lieu de fil conducteur.
Matière Photographique
Dans la série « Ce que j’ai cru voir », Julie Perin défie les lois de la photographie: naturellement objectif, c’est à coup de pinceau que l’artiste rend sa subjectivité au cliché. Par l’aplat de couleurs, franches et sans concessions, Julie Perin recrée le moment qu’elle a vécu, le moment qu’elle a cru voir…
C’est en appliquant la matière qu’elle se réapproprie l’instant, l’émotion et la signification de ce qui est froidement fixé sur le papier photographique. Chaleur, délicatesse et malaise, c’est tout cela que rend Julie à la photographie.
Le travail « Je ne suis plus une petite fille » est un face à face, un corps à corps avec « ce qui a été, ce qui est et ne sera peut être plus ».
« La photographie support premier mute, se transforme, se recouvre inexorablement.
L’écriture de cette phrase « Je ne suis plus une petite fille » s’inscrit telle une punition dans la trame, dans la chair.
Du Je au Jeu, la notion du double et de l’identité est omniprésente, une quête incessante dans un univers pour le moment purement Féminin qui tend au Masculin. »
Comme un coup de poing, Julie Perin nous livre sa vision de la matière humaine, en questionnant sa présence dans l’espace, qu’elle soit en plein ou en creux, qu’elle tienne de l’infiniment grand ou de l’infiniment petit.
Elle égraine ce refrain à travers plusieurs séries, efficaces comme un direct du gauche et tendres comme une caresse. La dualité est là, l’attente et l’antinomie, la tension et le lâcher-prise.
Dans ses « Extractions photographiques », Julie Perin explore la sensibilité de sa rétine pour en livrer son propre tirage, celui, peint, d’un monde à part où les formes et les attitudes résident dans leur essentiel :
« Par l’extraction du personnage de l’image photographique ou de ce qui réside de mes escapades urbaines en mémoire, un nouvel espace s’offre à moi, celui de la toile et du geste. J’ôte tous les objets, le décor, le lieu et les visages, pour ne garder que les postures, les mouvements, les intentions. Il peut arriver qu’un personnage ne soit pas tout à fait comme les autres, qu’il ait conservé un signe distinctif de ce qu’il était avant, je ne l’explique pas, c’est peut être juste ce que je nomme un accident. »
Texte de Marie Moignard et Julie Perin