Le 68 s’engage dans la rue du bac, il fait nuit, c’est l’hiver.
La journée a été longue, elle est assise côté fenêtre, fatiguée, les yeux mi-clos, elle se laisse aller à ses pensées et regarde les rectangles lumineux des immeubles.
Feu rouge, nous sommes à l’arrêt, et ses yeux s’attardent sur la 3ème gauche de l’immeuble à l’angle de Raspail et de Bac.
Une demie sphère rouge bordée de blanc est en suspension dans un espace blanc, l’ éclairage est doux et intimiste. Son esprit vagabonde, ses yeux aussi.
Ils se posent sur le 2ème droite, un lustre, des pampilles,un reflet bleu ça doit être la tv, oups ça bouge, le feu est passé au vert.
Certaines formes de lampes permettent de savoir si c’est une cuisine avec une barre de spots, une sphère, une boule en alu, de couleur rouge, grise ou jaune par contre si nous sommes plutôt facettes, tissu aux éclairages diffus, doux et intimes ce sera une autre pièce à vivre.
Le trajet défile et elle invente des histoire de gens, de vies à partir de lampes suspendues au plafond.
Elle aimerait tant voir une ombre dansée dans la lumière, entrevoir une étreinte amoureuse, sentir les rideaux flottés à la fermeture des volets, apercevoir un reflet dans le miroir sur la cheminée du salon ou peut être est-ce la chambre ? Elle rêve, de douceur, de poutres apparentes, de cheminée car parfois les lumières dansent telles un feu, les bougies scintillent, et dernièrement les guirlandes ont illuminé les intérieurs.
Le temps défile, emmitouflée dans sa parka, la tête collée à la fenêtre et les yeux rivés sur rectangles lumineux et animés des immeubles, la vie de ses hôtes a quelque chose de vaporeux, cotonneux.
Une rĂŞverie urbaine.
Elle descend et rentre chez elle allumer les lumières.










